Bien-être, Bonheur et Qualité de vie au travail : De quoi parlons-nous ?



Au détours des conversations courantes, j’entends souvent parler de “bien-être au travail” ou même de “bonheur au travail”. En effet, au vu du nombre de résultats google associés à ces termes, il semblerait que ce soient des sujets à un fort intérêt : 

➞ “bien-être au travail” = Environ 505 000 000 résultats

➞ “bonheur au travail” = Environ 67 400 000 résultats 

Il est intéressant de comparer avec un 3ème terme, moins utilisé couramment car ayant une orientation plus “théorique” (malheureusement…) :

➞ la  “Qualité de Vie au Travail” (QVT) que l’on retrouve dans environ 247 000 000 résultats sur google. 

Ces chiffres ne sont qu’un élément d’analyse me permettant d’introduire le sujet de cet article.


Que démontrent ces résultats google des approches de la QVT ? 

Il me semble rassurant de voir que le “bonheur au travail” est minoritaire dans les résultats google face aux deux autres notions. En effet, associer bonheur et travail revient à donner à la sphère “travail”, à l’entreprise, la responsabilité du bonheur d’un individu. Or, cette dimension est bien trop subjective et personnelle pour que l’organisation du travail ait un rôle à jouer. Son rôle est de permettre une expérience de travail épanouissante, satisfaisante et maintenant la santé physique et mentale. Ceci d'autant plus que l'on connait les effets positifs sur la performance individuelle et collective.


Egalement, il est intéressant de noter que l’on retrouve moitié moins de résultats à propos de la “QVT” que du “Bien-être au travail”. Il y a donc bien plus de sujets sur le bien-être que sur la QVT. Cependant, le bien-être est un résultat alors que la QVT peut être définie comme les moyens d’atteindre ce résultat. Pour qu’il y ait bien être au travail il faut forcément qu’il y ait des éléments qui le permette. Un éclairage s’impose donc pour mieux comprendre ces notions. 


Bien-être au travail et QVT sous l’angle de la psychologie du travail

En tant que psychologue du travail, il me semble intéressant de comprendre le bien-être au travail à travers le concept de Bien-être Psychologique au travail (BEPT). Ce concept est notamment définit par Gilbert comme étant :

« la capacité d'un individu à satisfaire ses besoins psychologiques fondamentaux dans une perspective de mieux-être et d'ajustement au travail et ce, grâce à des ressources personnelles et organisationnelles » (p. 27).

Ainsi, on comprend la nécessaire rencontre entre les ressources individuelles du collaborateur et les ressources organisationnelles proposées par l’entreprise. Egalement, il est à noter la dimension d’ajustement au travail pour satisfaire ses propres besoins. L'entreprise a donc un rôle à jouer à ce niveau là mais, comment peut-elle l’occuper pour permettre cet ajustement dans une perspective de bien-être ? 


L’entreprise peut y répondre en développant une organisation orientée QVT. Ce concept ne fait aujourd'hui pas consensus, il n'y a alors pas de définition unique. De mon point de vue, la QVT doit s’entendre comme l’ensemble des moyens proposés par l’organisation du travail au sein d’une entreprise permettant à chaque collaborateur de vivre une expérience positive dans son rôle professionnel. Entre autre, il me paraît important de l’entendre à travers 3 axes principaux. 


Qualité de vie au travail : 3 axes principaux sur lesquels capitaliser

  • 1er axe : L'ajustement individu - travail

En premier, si on se réfère à la notion de BEPT vue précédemment, l’ajustement au travail semble être une nécessité pour permettre à l'individu de se sentir bien dans son travail. Pour ce faire il va falloir déconstruire une certaine croyance selon laquelle il existerait une correspondance entre un poste définit et une personne spécifique. Il n’existe pas de bonne personne pour le bon poste, il existe des rencontres entre un individu et un poste de travail qui se modèlent pour créer la performance attendue.


Il est alors nécessaire de permettre une certaine marge de manoeuvre au collaborateur pour qu’il puisse adapter son poste à son fonctionnement propre. Cette possibilité et cette capacité d’ajustement est modélisée notamment par le concept de "job crafting" (merci Welcometothejungle pour cet article éclairant). L’entreprise gagnera tout autant en créativité, performance et engagement de la part du collaborateur. C’est "tout bénéf" donc 😉 

  • 2ème axe - La reconnaissance du travail

Le second volet sur lequel je souhaite attirer votre attention est celui de la reconnaissance du travail réalisé. Il s’agit là de permettre au collaborateur d’avoir un retour sur ce qu’il fait, ce qu’il réalise pour l’entreprise. Ce retour donne du sens à ses actions et à son investissement. Il passe également par l'auto-évaluation qui est un facteur central du bien-être individuel. 

Plus précisément, les feedbacks reçus à propos du travail portent notamment sur 2 types de jugement : le jugement d’utilité (technique, sociale et économique) du travail ainsi que le jugement de beauté (qualité) de ce travail réalisé (pour les plus curieux, vous pouvez consulter Christophe Dejours à ce sujet). La reconnaissance s’obtient directement par les personnes avec lesquelles on travaille mais également par auto-évaluation lorsqu'il est possible de voir le résultat de ses actions


  • 3ème axe : La communication interne

Il s’agit ici d’aborder une notion transversale à la vie de l’entreprise : la communication. Encore plus importante aujourd’hui du fait de la vitesse d’accès et de transmission de l’information, la communication doit être pensée pour faciliter le travail et non l’entraver. Or, bien souvent on parle de problématique de communication que ce soit au niveau interindividuel ou au niveau organisationnel. 


Les enjeux d’une communication de qualité sont grands. En effet, si vous ne faites pas attention, vous pouvez facilement créer des attentes, des promesses, sans en avoir eu l’intention. Et quand c’est le cas… votre interlocuteur attend qu’elles se réalisent. Si elles ne se réalisent pas les effets seront forcément négatifs (cf. concept de contrat psychologique). Il est également important de soigner la communication pour que chacun dispose des informations nécessaires pour pouvoir réaliser son travail tel qu’il est attendu mais également pour répondre aux exigences de proactivié, de créativité et de réactivité que demande l'entreprise aujourd’hui.  




La QVT est à l’honneur durant toute une semaine, cela montre bien l’ampleur du sujet dans le monde du travail. Par cet article j’ai souhaité offrir un éclairage sur des notions qui sont bien souvent utilisées pour parler de la même chose sans vraiment faire de différence. Or, cette différence est nécessaire pour comprendre leurs liens et mettre en place une organisation du travail performante tant socialement que financièrement



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